La Route des Grandes Alpes (Avec photos)

Message :
le 13/08/2013 à 00:34
Hello les amis

Un petit post sur la route des Grandes Alpes.



Mon moteur étant rôdé et la vidange faite, j’ai décidé de parcourir dans son intégralité la route des Grandes Alpes.
Le point de départ fut la Chapelle d’Abondance à une vingtaine de kilomètres de Thonon les Bains qui est le point de départ historique, ce qui a permis de se remettre en jambes avec la belle montée du pas de Morgins en Suisse.

On a rejoint la vallée d’Abondance et ses fromages via Vezelay, la route des vignobles (Nuits St Georges, Vosne Romanée, Vougeot, ..), le Jura puis le tour du Leman, par des des routes bien viticoles.

Journée 1 : 330 km.
On commence par le col du Corbier (1235 m), une belle route assez étroite et peu fréquentée.
Puis après avoir passé les Gets et la vallée de l’Arve et quelques bouchons, on escalade le col de la Colombière (1613 m) et ça commence à ressembler à de la haute montage.
Ensuite le col des Aravis (1490 m) trop fréquenté pour qu’on puisse monter sur un bon rythme.
A Flumet commencent les choses sérieuses, il faut déjà reculer sur le pont pour croiser avec une autre voiture, le départ du col des Saisies (1650 m), est … saisissant tellement les premières épingles sont serrées.
La route est quasi déserte et on peut commencer à prendre des tours, mais la chaussée est mouillée et il faut rester prudent, je m’amuse à donner un petit coup de gaz au rétrogradage 3 – 2 et Titine en profite pour pêter de temps en temps.
Ensuite vient le Cormet du Roselend (1970 m), malheureusement, le paysage reste caché dans les nuages.
Nous déjeunons dans un petit relai au bord du lac avant de repartir tous feux allumés car la visibilité est encore dégradée, heureusement, les camping cars se laissent doubler facilement. Le Col est dans le brouillard. La descente est très belle et j’ai la chance de pouvoir doubler les lents avant d’enchainer une série de petites épingles bien serrées. Même à petite vitesse, l’exercice est très plaisant.
On rejoint les encombrements à Bourg St Maurice jusqu’à Val d’Isère. Nous prenons une sévère averse à Val d’Isère mais dès la sortie de Val, un rayon de soleil éclaire le paysage, super.
La montée du col de l’Iseran (2770 m) est toujours un grand moment, d’autant que la visibilité dans le col est excellente ce qui permet d’attaquer sans risque de mauvaise surprise au détour d’un virage. Un petit 5°C nous attend au col.
La descente ensuite est pépère, ça permet aussi de limiter l’appétit de Titine qui doit boire dans les 25 L en montée.
Les villages de la haute Maurienne sont vraiment magnifiques.
Enfin après Modane, nous montons le col du Télégraphe (1570 m), assez chargé en vélos malgré la météo pluvieuse, je limite le rythme en conséquence d’autant que je commence à fatiguer un peu.
Nous arrivons à 19:00 à Valloire (1600 m).

Journée 2 : 350 km.
Après une nuit d’orage, la montée du col du Galibier (2650 m) commence plutôt bien avec un petit soleil et une route sèche, le rythme est donc soutenu, mais dès 2200m, on arrive dans les nuages et il faut rouler tout doucement d’autant qu’il y a des vélos et que si j’ai allumé le sapin de Noël certains sont vraiment sous équipés, une voiture m’a croisé avec un seul phare allumé ! La descente sur le col du Lautaret (2050 m) se fait au ralenti avec parfois moins de 50 m de visibilité.
Après avoir passé les encombrements de Briançon, commence le col de l’Izoard (2360 m), la route est vraiment magnifique à partir de Cervières, les lacets pas trop serrés s’enchainent bien, peu de monde, ce qui permet de faire quelques glissades sans se faire peur. On descend ensuite vers Château Queyras, la forteresse médiévale modernisée par Vauban. C’est aussi le paradis du Canyoning et la route en surplomb dans la Combe du Queyras vaut le détour, même si le trafic est un peu dense.
Dans la montée du col de Vars (2110 m), je suis resté derrière un type qui roulait à 20 kmh et qui mettait son clignotant avant chaque épingle pour bien montrer où il allait tourner, il avait l’air tellement terrorisé que j’ai eu peur de lui faire peur en le doublant, puis une camionnette SuperU pilotée en mode rallye m’a impressionné, très stable en roulis.
Le col de la Bonnette (2820 m ou 2770 m selon où l’on monte) mérite d’être le plus Grand des cols, la route est magnifique, très variée dans sa topographie, toute la gamme des virages existe, le paysage change constamment et devient lunaire à la fin avec des roches noires.
Une succession de faux plats laisse croire qu’on est arrivé, mais il n’en finit pas. Ce n’est pas un vrai col au sens des routes commerciales mais plutôt une route militaire dont le point haut est le col ce qui permet d’avoir un panorama impressionnant. Il n’y a quasiment aucun hameau des 2 côtés au dessus de 1300 m ce qui ajoute à l’impression de longueur de ce col.
Le basculement vers la Provence est très net au niveau de la flore dès qu’on atteint les basses vallées.
La journée tire en longueur et il reste encore 4 cols à faire, donc une pause café est nécessaire dans la vallée.
Nous montons vers la Colmiane via le col de St Martin (1500 m), les routes sont souvent très étroites.
La vallée de la Vésubie ne présente pas de difficulté, et à La Bollène, nous nous engageons vers le col de Turini (1610 m).
Le passage du village de la Bollène sur Vésubie est déjà technique, les épingles sont très serrées et doivent être prises en première, d’autant que les riverains garent leurs voitures un peu partout sur le bord de la route.
Un fois sortis du village, la route passe dans un paysage vraiment escarpé, les virages sont très serrés avec peu de visibilité, il faut éviter de faire le malin car plusieurs croisements sont chauds jusqu’au moment ou je pile au ras du parapet à l’entrée d’un angle droit pour laisser passer une A5 qui déboule sans laisser la place, ouf, il n’y avait pas 10 cm ….
L’arrivée au col, c’est comme dans les videos (moins moins vite). Une 997 GTS vient d’arriver par la même route, je l’avais vu passer durant une pause café. Il me confirme qu’il faut faire attention et qu’il y a pas mal de cartons.
Même si la descente du col parait un peu plus facile, les épingles restent très serrées et l’on voit au sol les traces d’accélération qui matérialisent les trajectoires qui passent à quelques centimètres des parois ou parapets.
Plusieurs traces de freinage et parapets défoncés témoignent que l’ardeur peut être fatale.
Au passage de ND de la Menour, un type fait des photos des voitures qui passent. Il a une Megane RS jaune qu’il démarre quelques minutes plus tard. Quand il me double quelques km après avant Sospel, j’ai l’impression d’être arrêté.
Je commence à être vraiment fatigué mais il reste encore le col de Castillon (730 m) et le Tam Tam plante régulièrement à cause de la chaleur, et du coup je rate quelques carrefours et me retrouve à Menton dans les bouchons. Au moins l’objectif est atteint.
Le Tam Tam qui remarche m’indique qu’il y a 15 mn de bouchons, puis que la destination est inatteignable…
C’est le seul engin électronique à bord et il fait ch …
Il est 20:00 et on appelle l’hotel réservé à Peillon (pas Vincent) pour indiquer qu’on sera très en retard.
Finalement, je décide de passer par Ste Agnès via le Col de la Madone (930 m) et Peille, la route est hyper étroite sans possibilité de croiser (mais personne ne viendra croiser) avec pas mal de résidus d’éboulis au milieu de la route, à un moment le GPS donne 12 km et 39 mn, finalement je ne mettrai que 25 mn.
Il reste encore une dernière épreuve, la montée à Peillon, magnifique nid d’aigle dont la route d’accès ressemble à celle du Turini. Je dois même faire une marche arrière pour négocier la dernière épingle dans le chemin de l’hôtel.
Il est 21:00 et je suis épuisé.

Une journée mémorable, je me suis un peu planté dans la calibration de la durée du trajet car même en retirant 2 heures de pauses diverses, 9 heures de route et 9 cols et probablement 200 épingles, ça fait trop, même pour une grenouille fringante.

Le lendemain on rejoindra le Lubéron via Grasse et Digne, encore quelques cols mais rien à voir avec ce qu’on a pu vivre durant 2 jours.

Le surlendemain, Titine prendra à Avignon le train pour Paris.


Les vignobles suisses



Le Galibier


La même (presque) il y a 2 ans


L'Izoard


La Bonette



Peillon

Le photographe s'incline avant de s'endormpir ...
Message édité le 15/08/2013
Message édité le 15/08/2013
le 13/08/2013 à 02:00
Je fais une insomnie, du coup je me suis dit... Tiens, allons trainer sur le forum de type911 voir ce qu'il se dit...

Et je tombe sur ton recis de tes escapades montagnardes... Fantastiques!!!
Ce n'est plus une insomnie que j'ai suite à cette lecture, c'est une envie frénétique de m'habiller, de descendre, ouvrir le garage, sauter dans ma 911 et aller rouler rouler rouler...

Voilà exactement ce qui me plait, aller s'épuiser juste pour le plaisir au volant de notre petite mamie préférée.

MERCI pour nous avoir raconté tes aventures, c'est très alléchant. Félicitation.
Bonne route pour la suite!!!!
le 13/08/2013 à 05:00
Gros rythme. Merci pour le récit. Je comprends mieux les propos d'un ami qui l'a fait dernièrement en Venturi 400GT
le 13/08/2013 à 08:22
Merci pour ton recit
Il est vrai que le col de la bonnette est super sympa
(clic)
as tu trouve une grosse différence de puissance avec l altitude? Car perso la dernière fois juste au lautaret (2000m) je trouvais qu'elle marchait moins bien.
le 13/08/2013 à 08:48
Sympa ton recit ! Merci
Ca donne envie...
Je suis actuellement a Cannes, et, pour le retour, je me laisserai bien tenter
le 13/08/2013 à 09:21
Des photos s'il te plaît
le 13/08/2013 à 09:24
Bonjour Bonanza et Merci pour ce très beau récit remarquablement bien écrit , un régal !




Je viens de découvrir ton blog : Félicitations et pour les explications techniques et pour les photos , un vrai voyage !
Merci
Message édité le 13/08/2013
le 13/08/2013 à 10:03
En haut de la Bonette, ça pousse moins, on perd théoriquement 25% de pression d'admission et je ne pense pas que la voiture ait un correcteur altimétrique de ratio air essence donc encore 10% de perdus...

Les photos, ça va venir.

Je m'interroge : pourquoi elle pete parfois quand je mets un petit coup de gaz au retrogradage 3-2 avant l'épingle ? Trop riche ?
le 13/08/2013 à 15:10
Et si !!! Il y a un capteur (?) altimetrique!!! Sous le siège conducteur, paraît il a partir de 1000m

Super ton site,
Tu es bon narateur
Stressante ton histoire de "neige dans le cockpit"
le 15/08/2013 à 17:49
J'ai mis les photos dans le post initial
le 15/08/2013 à 18:09
Merci pour les explications de cette belle escapade
le 15/08/2013 à 19:06
... Merci de me rafraîchir la mémoire de cette magnifique escapade de huit jours ( Thonon-Menton ) avec la MGA à l' époque et des amis en Old Ladies en Juin 2011 ... Quand on connaît l' état de ces routes à l' époque qui tenaient plus du chemin de muletiers et maintenant quel régal !!! L' année dernière avec la SC, huit jours de Dolomites et la Corse cette année, n' a pas démérité ... et que de beaux parcours à sillonner avec nos grenouilles
Message édité le 15/08/2013
le 17/08/2013 à 00:48
Salut Bonanza,

"t'étant un peu planté dans la calibration de la durée du trajet", 2 jours semblent un peu court. Peux-tu nous indiquer le nombre de jours pour effectuer le trajet dans des "conditions normales".

A+
le 17/08/2013 à 07:58
Merci pour les photos, et le récit
Ça me rappellle d'excelent souvenir.
Mes préférés sont le galibier et l'izoard....
Je reve de faire cette route à plusieurs Porsche depuis des années.

le 18/08/2013 à 00:11
Un petit trip des 3 cols aujourd'hui départ Auron (1600 m), descente Isola village (900 m), montée Isola 2000, col de la Lombarde (2350 m), descente dans le Val de Stura (1300 m), cap au nord sur col de l'Arche (2000 m), descente sur Jausiers (1200 m), puis retour vers le sud par le col de la Bonette, le plus haut d'Europe (2830 m). Superbes panoramas, route variée quoique un peu encombrée par les pieds lourds dans les lignes droites et les fesses serrées à la première courbe et je vous raconte pas dans la descente de la Bonette (bref par les bolos du volant), mais cela à fait l'affaire de madame sur le siège passager donc 180 km de pur bonheur
le 18/08/2013 à 02:05
je dois descendre voir une amie ( ) debut septembre. Elle habite sur Lantosque, là où passe la route de la vésubie, si vous avez un parcours, je suis preneur, meme si elle connait bien les ballades dans son coin, de plus souvent pratiquées en porsche ! mais ma titine a envie d y aller !!
elle pour les routes a explorer, et moi, pour les routes et celle que je dois rejoindre !!!

le 18/08/2013 à 13:07
En 3 jours, ça se fait en roulant normalement avec 6 heures par jours de route, ce qui autorise les arrêts photos, café, déjeuner, ...
Il y a 2 ans, j'avais fait la même route de Thonon avec destination Aix en Pce, je m'étais arrêté avant Modane pour l'étape, j'avais roulé un peu moins de 7 heures le premier jour avec un déjeuner à l'altiport de Mégève, et 6 heures le second jour. Mais après Briançon, j'avais pris la route directe vers Aix.
La moyenne horaire est clairement plus faible dès qu'on quitte Briançon vers Menton, les routes sont plus étroites et la visibilité moins bonne.
Compter 50kmh de moyenne sur les sections au nord de Briançon et 40kmh au sud, voire moins entre la Colmiane et Menton.
Moyennes largement supérieures à ce que le GPS indique, rythme "doudiste" avec de bonnes montées en regime et quelques épingles prises en glisse et quelques bouchonnages...

Le col de la Madone (entre St Agnes et Peille) à plus de 25 / 30 c'est dangereux vu qu'on ne peut pas se croiser (single track road).
Il y a aussi les cols de Braus et Bruis, qui de mémoire (j'étais gamins, sont sympas aussi)
Au dela des cols des alpes maritimes, visiter Saorge et les villages ...
Avec viamichallon, on peut planifier facilement une boucle avec 5 étapes.
Si on veut coupler avec des visites du patrimoine, il fait un peu chercher mais du coté de Saorge il y a des églises avec des fresques du 17e très sympas.
le 18/08/2013 à 17:35
Merci
le 20/08/2013 à 13:56
Bonjour,
Superbe reportage. Merci pour ce récit qui donne envie de grand espaces à l'heure où je le lis, au bureau devant mon ordi.
le 21/08/2013 à 21:52
Deux fois en moto, deux fois en auto.Kawasaki 750 twin, Yamaha 750 3 cyl à cardan, Alfa Romeo 1600 spider cuda tronca, MG B.
La dernière tentative mais mon co-pi pas libre nous avions tracè la première étape Thonon-Bourg Seez, avec un restau au col des Annes, la route des grands alpes qu'Yvres fit avec son MGA musclè

Léman/Méditerranée
Message édité le 22/08/2013

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