Posté le : 13/09/2025 par lucky-sc.
Mercredi 17 avril2024
Inutile de vous dire que j’ai gambergé depuis 2 jours et 2 nuits. J’ai peu mangé et peu dormi. Ils viennent me chercher à la maison pile poil à l’heure
convenue ( précision militaire oblige ).. l’adjudant conduit et le chef essai de sympathiser avec des ‘’ Ah oui, vous êtes bien là ! ‘’ en parlant de la maison et de l’endroit où elle se trouve.. comme s’il ne l’avait pas remarqué le dimanche après midi quand il est venu déposer papier dans ma boite aux lettres ….
Je ne réponds pas .Arrivés à la gendarmerie, on me montre le bâton herse..je ne réagis pas , je ne dis rien .. Ils voulaient quoi en faisant ça ? Là aussi
certainement , m’intimider, me déstabiliser...rien d’autre. On s’installe dans le même bureau que lundi et là, très vite ,l’adjudant chef quitte le bureau pour aller en face et faire autre chose et me laisse avec son adjudant… A cet instant je commence à me dire que si un gendarme quitte le bureau ( normalement ils sont toujours deux pour une audition avec des rôles différents) c’est que les choses vont se tasser …je m’étais dis aussi qu’entre lundi soir et mercredi , ils allaient également mettre ce temps à profit pour me préparer un flot de questions embarrassantes… mais j’avais moi aussi affûté mes arguments et
j’en avais trouvé d’autres.. J’étais tendu, concentré ,attentif mais plutôt confiant, toujours persuadé qu’eux ou le procureur allaient se rendre à l’évidence et abandonner.. Là, l’adjudant me scie par une première question : Bon monsieur P est ce que vous avez des choses à nous dire ?Moi : euh ben oui mais quand vous aurez terminé vos questions !Lui : Ah ben non, nous on a plus de questions . Dès lors j’entame mon argumentaire … J’ai 57 ans, je suis fonctionnaire au
ministère de la justice et à 7 ans de la retraite . Je gagne plutôt bien ma vie, j’ai vu mon père mourir à petit feu en quelques heures début 2023 et on a connu ensuite bien des galères pour parvenir à la vente de la maison . J ‘explique que je commence tout juste à me remettre de cette année passée et que je
ne vois pas pourquoi ni comment j’aurais pu vouloir me mettre dans de telles difficultés , à 7 km de chez moi avec un véhicule qui ne passe pas inaperçu et ma compagne à bord. j’ajoute que je suis aussi bien placé professionnellement pour savoir qu’il m’aurait coûté moins cher de m’arrêter et de faire attraper
pour un verre de trop que de commettre un refus d’obtempérer ! Non seulement ça ne tient pas debout mais je n’avais strictement aucune raison de commettre ce dont on m’accuse !
Je leur dis aussi que j’ai le permis depuis longtemps et que par conséquent j’ai passé des barrages plusieurs fois et que jamais ô grand jamais je
n’ai vu de barrages positionnés dans le sens opposé à mon sens de circulation et vouloir interpeller des automobilistes venant à contresens de leur position. J’ajoute que si cela avait été effectivement le cas , puisqu’ils prétendent qu’en plus d’être au bord de la route à me faire des grands signes , ils avaient le
dispositif lumineux, je me serai tout de même arrêté parce que encore une fois je n’avais strictement rien à me reprocher !!!
Je leur répète aussi qu’il n’y avait ni gyrophares, ni signaux clignotants ni luminosité particulière, rien qui me permettait de penser que j’arrivais sur un contrôle de gendarmerie.. Rien de tout ce qu’ils prétendent et déclarent dans leur pv !
Je leur demande aussi comment ma compagne aurait -elle pu accepter que je la mette dans la même galère que moi ? Ils ne répondent pas .je reprends leur déclaration du lundi quand ils évoquent un éclairage surpuissant installé sur le bord de la route pour leur dire que ce sont des fausses déclarations ( je commence à ne plus tenir mes nerfs )je leur plante aussi la situation suivante :
Si d’aventure par un moment d’égarement, une décision impulsive complètement débile et inexplicable j’avais effectivement décidé de ne pas
m’arrêter, pourquoi ma compagne m’a laissé faire ? Pourquoi n’est-elle pas allée déclarer à la gendarmerie dès le lendemain qu’elle ne voulait pas être embarquée dans cette histoire ou rendue complice de mes conneries ? Pas de réponse
.Je leur demande pourquoi dans ce cas ils ont attendu dimanche après midi pour venir à mon domicile déposer le papier que j’ai récupéré le lundi
matin ? Pas de réponse
Pourquoi une fois le contrôle terminé ne se sont ils pas présentés à ma maison pour m’embarquer et me contrôler ? ( ils ont tout ce qu’il faut
dans la voiture pour trouver l’adresse de quelqu’un à partir de l’immatriculation d’une voiture, immatriculation qu’ils ont eu tout le loisirs de relever bien entendu) . Autant devant ça éclaire mal ,autant derrière la plaque est super bien éclairée… Là aussi pas de réponse.
A l’issue de cette audition toujours sans avocat parce que toujours persuadé que je finirais par être entendu et cru par le procureur, on m’annonce
que mes témoins seront auditionnés prochainement c’est-à-dire dans environ une semaine et qu’à l’issue de ces auditions je serai certainement entendu une 3 ème fois. Le fait que je sois fonctionnaire de justice, que je passe ma vie à rédiger des écrits ayant une valeur juridique et que je ne suis donc pas tout à fait le citoyen lambda, sans pour autant être assermenté, aura peut être permis d’instaurer un doute.
Les jours passent et je n’ai toujours pas reçu de réponse du préfet.. Je me dis que c’est peut être bon signe … Malheureusement je finis par recevoir un recommandé … Suspension du permis pour 6 mois !
le clou s’enfonce un peu plus..
Mes témoins seront finalement entendus le 9 et 13 mai 2024 ( j’aurais l’occasion de vous en reparler un peu plus tard).
Dans le cadre de cette éventuelle 3 ème audition, je décide donc de trouver un avocat.
Même si cela peut paraître anecdotique je dois vous raconter les difficultés à en trouver un. Comme si en plus d’être accusé d’un truc qu’on a pas fait, le sort voulait vous mettre des bâtons supplémentaires dans les roues . Parce qu’en effet, j’ai commencé à me dire qu’un avocat me serait utile pour mettre fin à cette mascarade. Je contacte un ancien collègue de travail devenu avocat. Il m’accorde volontiers une heure pour au final me faire comprendre que je suis dans un beau merdier et que le procureur ne classera certainement pas sans suite car ce serait selon lui une façon de ‘’désavouer les gendarmes’’ et que cela risque de nuire ensuite à ses relations futures avec eux et qu’il y a de grandes chances pour que je finisse convoqué au tribunal et qu’il faudra ensuite avoir la
chance de tomber sur un juge qui aura, je cite, le courage de ne pas me condamner et donc de désavouer le parquet et les gendarmes..
Chance, courage , enjeux relationnels... Sont-ce là les critères pour juger une personne ? Est ce comme cela et avec ces considérations que la justice doit fonctionner ? Je suis anéanti…
Mais cet avocat par la suite ne répondra plus à mes sollicitations malgré mes relances alors qu’il m’avait promis qu’il reviendrait vers moi après
s’être rapproché du procureur chargé de mon dossier . Son but était ‘’de prendre la température ‘’ sans, je cite, lui donner l’impression de vouloir influer sur sa décision quant au devenir de mon dossier ( et oui il faut y aller doucement et ne pas brusquer sous peine d’obtenir l’effet contraire à celui visé) . Silence radio
Je suis donc parti à la recherche d’un autre avocat. j’en contacte certains qui d’emblée me disent qu’ils n’accompagnent pas leur client à la gendarmerie. Je me rappelle ensuite d’un avocat dont la sœur est une ex-collègue et qui a une bonne réputation . RDV pris téléphoniquement via son secrétariat. Mais 3 jours avant notre RDV il m’appelle et m’annonce qu’il ne peut m’aider car il se trouve être l’avocat des gendarmes lorsque ceux-ci sont victimes dans le cadre de leurs fonctions . Il y aurait conflit d’intérêts.. j’aurais aimé que la secrétaire à qui j’ai expliqué mon affaire eut l’intelligence de m’expliquer que je frappais à la mauvaise porte on aurait gagné beaucoup de temps de part et d’autre. Me voilà obligé de trouver un autre avocat et je crains de me retrouver à devoir
répondre à une troisième audition que je n’envisage pas sans être accompagné d’un avocat comme la procédure me le permet. Je finis enfin par trouver un avocat qui accepte de m’aider et qui me conseille d’attendre l’éventuelle 3 ème convocation et surtout de ne pas la demander au procureur ( ce que j’en comprends c’est que ce serait comme de dire à un procureur ce qu’il doit faire ou ce que l’on voudrait sous peine de s’attirer les foudres de la
justice) . Je comprends aussi qu’étant un MEC ( mis en cause) je ne suis pas en position de demander quoique soit . Mes témoins étant entendus et ne voyant pas cette 3 ème audition arriver, n’y tenant plus nerveusement , je décide, malgré les conseils de mon avocat d’écrire au procureur de la république
. Là, sans demander cette troisième audition, je lui fais simplement part de mes réflexions et des derniers développements de ma réflexion et de mes arguments . Je lui évoque notamment des choses dont je pense fortement qu’elles n’ont pas ou n’auraient pas été retranscrites dans les pv d’auditions alors
qu’à mes yeux ces informations sont capitales et tendent à démontrer mon innocence ou à mettre en évidence des incohérences. J’en profite aussi pour lui envoyer la note du bar, les deux dernières cartes vertes d’assurance ainsi qu’ un bulletin de situation spécialement demandé à ma compagnie pour prouver que je suis à jour de mes cotisations. Je joins également à mon courrier les deux derniers contrôles techniques pour prouver que ma voiture est à jour et que j’ai même fait par étourderie le dernier ct avec quasi un an d’avance sur la date prévue . Que pouvais je faire de plus pour justifier de ma bonne fois et que je n’ai rien à cacher ni à me reprocher ?
Silence radio hormis l’accusé réception déposé dans ma boite aux lettres quelques jours plus tard .
Le 24 juin je suis appelé par l’adjudant chef. Il me confirme que le procureur souhaite que je sois entendu une troisième fois et me déclare :‘’ on a des photos de la scène à vous montrer ‘’ Je lui dis alors de contacter mon avocat pour convenir ensemble d’une date et que ça ne sera pas difficile de me rendre disponible puisque je suis en maladie depuis le 20 avril . Il ne relève pas et semble complètement indifférent à ce fait . ( trop affecté et ébranlé par tant de mensonges aux conséquences potentiellement catastrophiques et révoltantes , je ne travaille plus et suis totalement incapable de le faire ) . Je circule avec un vélo
électrique que l’on m’ a prêté , je mange peu, je dors peu et mal et je prends des cachets. Cette 3 ème audition sera finalement
fixée au 27 juin