Posté le : 13/06/2025 par doudi.
Nous sortons de nos voitures respectives, venons à la rencontre l’un de l’autre, visiblement tout aussi énervé l’un que l’autre.
Avant tout dialogue, il me sort sa carte de policier, et m’annonce que ça ne va pas se passer comme ça (ou quelque chose signifiant cela), que tout est filmé, et qu’il va appeler ses collègues. Il me demande (ou plutôt, il exige) mes papiers, et m’ordonne de ne pas bouger de là.
Je patiente, pendant qu’il passe ses coups de fil, assez persuadé que les flics ne se déplaceront pas, puisqu’il n’y a pas de corporel : en effet, personne n’est blessé, tout le monde est sorti des voitures, sans bobo, et pour cause, le “choc” a eu lieu à une vitesse très réduite, et on ne devrait même pas parler de choc, tellement la poussette était légère. Preuve en est : aucun dégât apparent sur les voitures, les airbags ne se sont pas déclenchés, seule la sécurité piéton (capot actif) s’est activée sur son véhicule, ce qui a eu pour effet de soulever son capot moteur.
Au bout d’un assez long moment, voyant qu’il n’est plus au téléphone, je me décide à retourner le voir, dans le but de faire un constat. Il me répond qu’il ne fera pas de constat, qu’il attend ses collègues. Je lui réplique que comme il n’y a pas de corporel, la police ne devrait pas se déplacer. Ce à quoi il me demande si je suis médecin, et m'intime l’ordre d’attendre, les secours ne devant plus tarder.
Les premiers à arriver sur les lieux sont des pompiers. Ils sécurisent la zone en mettant leurs deux camions en amont des deux voitures respectives, et un peu à cheval entre la zone d’arrêt d’urgence et la voie de droite de circulation. Ils élargissent ensuite le périmètre avec des plots, pendant que d’autres vont voir les occupants de la voiture de derrière, puis un peu plus tard vers nous.
Ils nous demandent si nous sommes blessés, si nous avons des douleurs quelque part afin d’éventuellement prodiguer les premiers secours, mais nous n’avons strictement rien, nous leur demandons juste un peu d’eau s’ils en ont, car nous attendons depuis au moins une demi heure en plein cagnard, sur le bitume, et nous avons épuisé nos réserves d’eau.
Arrive ensuite un véhicule de l’équipement, qui sécurise encore un peu plus la zone.
Les pompiers reviennent nous voir, nous redemandent si nous n’avons rien, nous posent quelques questions sur les circonstances, font le tour de la voiture afin de constater qu’il n’y a aucun dégat apparent. Ils prennent quelques photos des véhicules, font leurs constatations, et retournent vers l’autre véhicule.
Peu après s’arrête une autre auto. Il s’avère que c’est un ami (policier) de la partie adverse. Ce dernier nous insulte copieusement, et en serait sans doute venu aux mains si son collègue ne l’en avait pas empêché. Ils restent ensemble un long moment à discuter, je comprendrai bien plus tard qu’ils mettent en place une stratégie salement bien ficelée. Ce deuxième agent déplace sa voiture pour venir la mettre un peu en avant de la mienne. Si j’ai naïvement pensé que c’était pour se mettre en sécurité, ma femme me donnera une toute autre interprétation par la suite : M’empêcher de partir.
Une première voiture de police arrive peu après. Suivi d’une autre quelques minutes plus tard. Ça commence à faire déjà beaucoup de monde pour une simple touchette.
Un premier policier vient à ma rencontre, et me demande, sur le ton d’une simple conversation, ce qu’il s’est passé. Je ne vais pas lui mentir, je lui explique le bouchonnage file de gauche, puis le bouchonnage à hauteur d’un autre usager, puis le doigt d’honneur, puis mon dépassement par la droite et le coup de frein, et enfin, sa ré-accélération pour me percuter, et enfin le stationnement sur la BAU.
La réaction de l’agent me fait penser qu’il trouve ça négligeable, façon de dire qu’ils aient eu à se déplacer pour ça est vraiment futile. J’ai même le sentiment qu’il trouve ça excessif, qu’il trouve le comportement de l’autre quelque peu abusé, considérant qu’il roulait à gauche et qu’il aurait donc dû se rabattre s’il ne doublait pas. L’agent repart et nous laisse en plan, nous indiquant de patienter.
Un peu plus tard, rebelote : un autre agent arrive, et me pose plus ou moins la même question : Que s’est-il passé. Sur le même ton de la “gentille” conversation, ces agents en uniforme se sont montrés courtois et même aimables. Je lui raconte donc la même histoire, en toute transparence. Nous faisons un rapide tour de la voiture pour constater qu’elle n’a aucun dégât apparent. Il va même jusqu’à me poser quelques questions sur la voiture (autrement dit, il fait mine de s’y intéresser).
Avant de nous laisser, ma femme lui demande ce qu’on risque, il nous répond “rien”, juste un constat et c’est tout. Il m’informe qu’il me faudra faire ma déposition, et me demande de patienter (encore).
Peu après, je verrai le conducteur de la partie adverse sortir du camion de pompier avec un gros bandage sur le poignet. Les bras m’en tombent, peu avant, on le voyait bouger frénétiquement, me menacer, ou téléphoner avec cette même main, sans la moindre douleur apparente !
Un autre camion de pompier (le troisième) arrive et se met quasiment à notre hauteur.
A nouveau, des pompiers viennent nous voir pour nous demander si ça va, si on a besoin de quelque chose, puis l’attente se poursuit. Nous n’avons pas bougé des abords de notre voiture, mais quasiment toutes les autres personnes conversent à l’autre extrémité.
Puis enfin, deux agents de police reviennent vers nous, afin de pratiquer les tests d’alcoolémie et de stupéfiant. Bien évidemment, les deux tests seront négatifs.
Un troisième agent nous rejoint et m’annonce qu’on va prendre ma déposition, et que pour cela, ils doivent m’emmener au poste. Ils me demande si ma femme peut conduire, ce à quoi je lui répond que non, plus pour lui éviter de souffir et de galérer au volant. Elle pourrait peut-être conduire, mais ce serait vraiment compliqué et sans doute douloureux pour elle. Nous convenons donc que l’agent prenne notre voiture et nous suive jusqu’au poste.
Je suis donc les deux agents jusqu’à leur véhicule, ils m’installent à l’arrière, et nous nous mettons en route pour l’hôtel de police de Lunéville (il porte très mal son nom). Temps de trajet : environ 10 à 15 minutes.
L’ambiance dans la voiture est assez glaciale, personne ne parle, pas même les agents entre eux, sauf pour demander d’entrouvrir la fenêtre.
Jusque là, je ne vois toujours rien venir…
Arrivé au commissariat, on me guide à travers quelques couloirs, et avant de monter à l’étage, un agent demande à son collègue qui m’accompagne si la procédure de saisie a été initiée. Je comprends immédiatement qu’ils parlent de notre voiture. Je ne saisis pas la réponse qui est faite, et on m’amène au deuxième étage, dans le bureau où l’on me demande de m'asseoir.
A cet instant, je suis toujours loin d’imaginer ce qui va me tomber dessus.
wb61 le 2025-06-13 :Hé bé, je comprends ta haine 😡
C'est pire qu'un film de fiction !
Patrick-R le 2025-06-13 :Putain de connard... T'es tombé sur le pire spécimen, ça me navre pour toi et pour l'image de notre police...
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T'as quand même contacté un avocat ou au moins ton assistance juridique si tu en as une ? J'imagine que tu l'évoqueras plus loin.
Rrrrrrhhhhhhh, ça pourrait bien nous arriver à ma nana et moi vue les coups de sangs qu'on tape parfois, surtout elle...![]()
Satanas le 2025-06-13 :Tu étais avec la 911? Je comprends ta réaction et c'est courageux de ta part de l'exposer ici. Quel gros connard ce flic...
Il est tellement plus facile d'être fort avec les faible que faible avec les forts... tellement facile de s'acharner contre un honnête citoyen français qui "à du fric"... T'inquiètes que si il était tombé sur des manouches ou des dealers, il aurait dégagé vite fait... comment voulez vous qu'on respecte la police dans ces cas là?
Tu aurais eu une caméra, je suis persuadé qu'il se serait barré...
D'ailleurs je réfléchi à m'en procurer une car je vois de plus en plus d'invincivilité sur la route.
Bon courage.
111LiR-911 le 2025-06-14 :Incroyable ! ! ! c'est du délire ton histoire... en attendant la suite
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T'es tombé sur un flic pourri qui savait ce qu'il faisait. Tu aurais aussi pu tomber sur un autre type de personnage qui te tamponne pour te faire arrêter et te défoncer la tête, voir te piquer ta caisse, ou les 2 ! Quel scénario est le plus moche ? ? je n'ai pas la réponse et je ne sais pas ce que j'aurais fait à ta place ?
Ce qui est malheureusement en ta défaveur, c'est le dépassement par la droite qui, dans n'importe quel cas, n'est pas justifiable et défendable, mais oh combien compréhensible. Mais l'agissement, s'il pouvait être prouvé du flic en civil, devrait aussi être punissable.
Bon courage pour la suite.
neretva67 le 2025-06-14 :Effectivement incroyable ! Un truc de dingue ...
Le policier qui a sorti sa carte était en service ?
Fantomas911 le 2025-06-14 :Certes, le dépassement par la droite n'était pas indiqué mais en accélérant, le policier a sa part de responsabilité. Il aurait pu simplement te verbaliser pour cette infraction. Circuler sur la bande de gauche alors qu'aucun véhicule ne se situe à sa droite est également une infraction. Son comportement n'est pas celui d'un professionnel mais celui d'un adolescent ne pouvant se contrôler. Il peut manger sa carte de légitimité.
Je suppose que la suite ne sera que mensonge et magouille.
BertoSpid le 2025-06-14 :A la lecture des faits et des comportements de différents acteurs, dont une éventuelle collusion, et la disproportion des moyens mobilisés par cette personne par rapport a l'infraction (provoquée...) initiale, faire appel à un avocat paraît raisonnable.
Le policier doit être dans SA juridiction (même au repos) pour pouvoir intervenir et sanctionner.
Arme toi de courage et de pugnacité si tu te lances dans la procédure juridique ...
On pense à vous
JOEL25 le 2025-06-14 :Je pense qu'il a intérêt à porter plainte , ça ne va pas se limiter à un retrait de 8 mois.
Courage à vous.
turm911 le 2025-06-14 :C’est vraiment révoltant !
Si il n’y a pas de témoin, ça va être compliqué de prouver que c’est lui qui a provoqué cet accident.
J'habite sur Nancy. Suite à un accident de la circulation proche de Luneville, j’avais eu affaire à la police qui était venue sur les lieux et j’avais déjà été stupéfait du niveau de certains d’entre eux. En effet, un d’entre eux m’affirmait avec conviction que comme j’avais rempli la colonne de gauche du constat, j’étais le responsable de l’accident !
On est avec toi Doudi,
noir mat le 2025-06-14 :Hallucinant cette histoire ! ! On se croirai dans un roman ! ! Mon pauvre Arnaud, je n'ai pas de conseil à te donner, sauf peut-être celui de présenter ton cas à un avocat spécialisé en droit routier. Bon courage ! ! Des bises...........
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undy le 2025-06-16 :A ce moment du récit, doubler sur la droite mise à part, le conducteur qui tamponne n'est pas maître de son véhicule !