Posté le : 15/06/2025 par doudi.
Première étape, trouver une méthode pour me faire un oreiller. À la fois pour des questions d’hygiène et de confort, je décide de me déshabiller. J’enlève donc mon (petit) short, et mon t-shirt pour finir en slip-chaussettes. Je mets le paquet de mouchoir au milieu du short, je roule le tout, et j’enroule ensuite le t-shirt autour : Voilà un petit oreiller qui fera bien l’affaire faute de mieux.
Bien entendu, je cogite, je gamberge, ça continue de tourner dans mon esprit. Je cherche une position la moins inconfortable possible, en changeant plusieurs fois de sens, ce n’est pas facile sur une paillasse de 60cm de large quand on est habitué à avoir un mètre de plus ! La couverture de survie a tendance a se barrer un peu n’importe comment, et à me découvrir les pieds. La ventilation fait toujours un bruit de dingue. Et chaque mouvement fait crisser la couverture, même une simple respiration (essayer de dormir dans une feuille de papier aluminium géante, vous verrez).
Avant que je ne m’endorme, mon voisin de cellule tape fort sur sa porte. Je ne l’ai pas mentionné auparavant, mais quand vous avez besoin de quelque chose, il faut frapper. Assez fort pour que les gardiens vous entendent. Et parfois longtemps, parce qu’il leur arrive de s’absenter. Personne ne vient dans les minutes qui suivent, il recommence à frapper, encore plus fort. C’est fou comme ce bruit métallique peut raisonner dans les cellules et dans le couloir. On s’imagine que les gardiens ne peuvent pas ne pas l’entendre, mais soit ils font autre chose, soit ils ont un casque sur les oreilles pour jouer ou écouter quelque chose, mais ils ne viennent pas systématiquement. Mon voisin finira par -quasiment- défoncer sa porte et taper dans les murs pour qu’on finisse par l’entendre et venir. La gardienne lui demande ce qu’il veut, je n’entends pas sa réponse (car je pense qu’il lui a mimé) : Elle ouvrira sa cellule, et l’accompagnera à la porte d’en face : il s’avère que c’est la cellule pour fumer. Elle l’y enfermera le temps qu’il fume sa clope, puis il tapera à nouveau pour qu’elle lui ouvre et le ramène à sa cellule. Ambiance…
Finalement, le marchand de sable ne traîne pas trop, et je m'endors assez rapidement vu le contexte (toutes proportions gardées).
Lorsque je me réveille, comme tout le monde ou presque, j’ai envie de me soulager (physiquement, parce que sinon, je n’ai aucune envie de retourner dans ces WC). Je me lève, me rhabille pour être un minimum présentable, et vais à mon tour frapper à la porte. D’abord calmement, de la même façon que vous frapperiez à une porte pour visiter un ami. N’obtenant pas de réponse, je frappe plus fort. Puis encore plus fort, jusqu’à “très fort” ! Un nouveau gardien se présente, et me demande ce que je veux (à travers la porte). Je lui indique donc mon désir de passer aux toilettes, et si possible, de pouvoir remplir ma bouteille. Il accepte bien volontiers, celui-là a l’air plutôt sympa.
La lumière des WC vacillaient lors de mon précédent passage, là, elle est carrément morte, je dois donc laisser la porte ouverte pour viser la cuvette sereinement… J’en profite pour me laver les mains, me rafraîchir le visage, et remplir ma bouteille.
En sortant, je signale l’ampoule HS au gardien, et tente de lui demander l’heure. Il me répond qu’il est 2H25 (du matin) ! Et merde…Je le remercie, et retourne dans ma cellule.
Un peu trop tôt pour rester debout à cogiter, je décide d’essayer de reprendre ma nuit. Je réinstalle donc mon oreiller de fortune, et cette fois, je décide de tenter de border le bout de la couverture de survie au bout du lit, pour mieux protéger mes pieds.
Finalement, je me rendormirai assez vite, en ayant pensé à des choses heureuses. Je serai réveillé plus tard par mon voisin qui voulait aller fumer, je ne vous refais pas le film correspondant, c’est le même que la fois précédente.
Je profite néanmoins de l’occasion, quand le gardien ramène l’autre détenu, pour l’interpeller. Je souhaite retourner aux toilettes, et lui demander l’heure. Il est près de 6h du matin.
Je reste à flemmarder un moment (rien d’autre à faire), quand le gardien repasse et me demande si je veux déjeuner. J'acquiesce volontiers, vu mon repas de la veille, je commence à ressentir un peu la faim. Trois minute plus tard, le gardien revient et me donne une brique de jus de pomme (à base de concentré) 20cl (avec la paille pliée dans son emballage collé à la brique), et un sachet contenant deux “Pépito”, qui expire dans trois jours (6 juin 2025) ! Le chocolat sur le dessus est blanchâtre, ça ne fait clairement pas envie ! Quand au “jus de pomme”, bourré de sucre, s’il avait eu un nutriscore, je pense qu’il serait proche du Z. C’est ultra sucré, au goût très synthétique, voire chimique. Pas de boisson chaude (ça pourrait servir d’arme), pas de tartine, et encore moins de pâte à tartiner ! Je saurai néanmoins m’en contenter. J’en profite pour lui demander l’heure : il est 8h30, bizarrement, je me surprends à avoir dormi bien plus que de raison.
Il est temps d’envisager un brin de toilette, j’utilise donc ma lingette visage et celle pour le corps, je m’habille, et… je patiente. Que voulez-vous faire d’autre ?
6TALF le 2025-06-15 :une première, en augure , une autre , ce monde est vraiment parti en live
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Sylv1 le 2025-06-15 :C'est un cauchemar.
Je ne m'enerverais plus au volant à lire tes péripéties.
Tout mon courage.
wb61 le 2025-06-15 :On se croirait un 1er avril...
aubelix 14 le 2025-06-16 :en fait , tu aurais mieux fait de butter ton voisin aprés avoir violé sa femme et ses enfants , la , tu aurais été traité avec respect ! (pas envie de se prendre un mauvais coup dans la gueule non plus , les flics ! )
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