Posté le : 22/06/2025 par doudi.
Je n’ai pas compté mes “huit”, mais je les estimais à 10 secondes chacun. J’essayais ainsi de compter les minutes jusqu’aux fatidiques 15h25, heure théorique de la fin de ma garde à vue. En m’imaginant alors devenir libre de mes mouvements, et de sortir prendre l’air si l’envie m’en prenait. Je me mettais clairement (encore) le doigt dans l'œil.
A plusieurs reprises, je réclamerai à boire. On m’a privé de ma bouteille, alors au lieu de ça, je dois frapper à la porte pour réclamer un gobelet d’eau (en carton, de 10cl, autant dire rien du tout).
Quand ultérieurement on vient ouvrir ma cellule, c’est pour m’annoncer que mon avocat est là, et qu’il m’attend. À cet instant, je ne suis plus sûr de ce à quoi je dois m’attendre, ni dans quel ordre. Je me réjouis donc de pouvoir parler à une personne qui est de mon côté (enfin du moins, j’essaye de m’en persuader).
On nous installe dans un bureau consacré à ces rencontres “criminel-avocat”, ayant les mêmes caractéristiques que celui de Lunéville : deux chaises fixées au sol, séparées par un bureau lui aussi fixé au sol. Ne cherchez pas la décoration, il n’y en a pas, et c’est même assez vétuste, pour ne pas dire sordide.
Nous nous saluons, et l’avocat entre dans le vif du sujet. Il a rencontré le procureur (donc sans moi, je n’aurais pas le loisir d’assister à leurs échanges), et il m’explique les trois possibilités :
1. LA CRPC : Le procureur demande :
- 500 euros d’amendes,
- 275 euros de frais de procédure,
- 11 mois de suspension de permis,
- et 6 mois de prison avec sursis de cinq ans.
L’avocat m’explique qu’après négociations, en mettant en avant que je suis aidant, et que je n’ai aucun antécédent judiciaire ni routier, il a réussi à faire descendre à 8 mois la suspension de permis, mais que le procureur a refusé toute autre remise de peine, et -surtout- il ne retenait pas, dans ce contexte, le délit de rodéo motorisé. En conséquence, il ne demandait pas la saisie de la voiture. Mon avocat ajoute que si je choisi d’accepter, le juge (ou plutôt, ce jour, “la” juge, car ce sera une femme) n’est pas obligée d’accepter. Elle peut rejeter l’accord, et donc me renvoyer en comparution immédiate (ou en comparution ultérieure). Il m’informe que je peux refuser ce “marché”, mais dans ce cas, on passe à l’option d’après.
2. La deuxième option, si je n’accepte pas la CRPC, le procureur va demander une comparution immédiate. Les délais de traitement, en cette période, sont entre deux et trois jours, il va donc falloir patienter encore. Il ne me précise pas si cette attente se fera en cellule ou libre, mais vu les peines encourues, je ne me fais aucune illusion, ce serait sans doute en cellule. Si je choisis cette deuxième option, il m’informe que le procureur maintiendrait le rodéo motorisé dans les chefs d’accusation, et que la juge en place est d’une intolérance totale avec la violence routière. D’après lui, nul doute que la peine sera plus sévère, et que la voiture sera saisie définitivement. Et en attendant le procès, la voiture restera en fourrière quoi qu’on fasse.
3. Et enfin, si la comparution immédiate n’était pas retenue, il y aurait alors un procès, remis à plus tard, mais les conditions et les peines seraient au mieux les mêmes, mais plus probablement pires. Et là aussi, la voiture resterait en fourrière en attendant le procès.
L’avocat me laisse un moment de réflexion, et se tient à ma disposition pour répondre à toutes mes questions.
Je ne vous cache pas que, sur l’instant, je suis abasourdi, les bras ballants, complètement K.O., sous le choc. Les questions ne viennent pas facilement, mon cerveau vient de prendre une baffe magistrale qui l’a mis hors d’état de réfléchir.
En premier lieu, je pense aux contraintes que l’acceptation de la CRPC va entraîner, sans imaginer un seul instant que je suis loin du compte dans mes calculs, d’ailleurs. Je pense à la galère que ce sera pour aller au boulot, pour emmener Pascaline à ses rendez-vous médicaux ou à sa cure, aux différentes vacances prévues qu’il va falloir annuler, et tout ce qui nécessite de prendre une voiture : jamais Pascaline ne pourra conduire autant dans son état.
Toutes proportions gardées, l’amende me paraît presque dérisoire, et la prison avec sursis me laisse presque indifférent. Je suis -là encore- loin d’imaginer à quel point je me trompe, et comment cela va me nuire par la suite. D’ailleurs, l’avocat ne me mettra à aucun moment en garde face à toutes ces contraintes. À se demander s’il en a conscience, où s’il les occulte volontairement pour ne pas me faire encore plus peur.
Pour autant, toutes ces contraintes, face à la menace de perdre la voiture, me semblent surmontables, sur le moment.
Je repense néanmoins encore à cette option “d’abandonner” la voiture (et surtout tout ce qui s’y rapporte, à commencer par les obligations liées au club). Retrouver une forme de liberté, et surtout, éliminer une importante charge mentale. Mais allez savoir pourquoi, je m’y refuse sur le moment. Outre les souvenirs de ce qu’on a pu vivre avec, cette voiture a une valeur marchande non négligeable, et je ne suis pas du genre à jeter l’argent par les fenêtres. Ce sera peut-être une erreur et je le vis toujours aujourd’hui un peu comme tel.
J’échange quand même quelques commentaires et quelques questions avec mon avocat, mais il m’explique que le procureur est intransigeant, qu’il n’y a plus rien à négocier, c’est à prendre ou à laisser. Et lui -l’avocat-, me recommande d’accepter la CRPC, il me la vend comme un bon “deal”. A cet instant, je lui fais toujours confiance, c’est la seule personne qui est de mon côté, qui est censée me défendre, qui me parle gentiment et qui essaye de se montrer rassurante.
Je finis donc par lui indiquer, à voix basse et tremblante, que j’accepte la CRPC. La mort dans l’âme, et toujours aussi abasourdi par la disproportion.
Il me détaille alors le déroulé des événements à venir :
- je vais retourner en cellule (j’en oublie même de lui demander l’heure pour savoir si la garde à vue est terminée et si je ne pourrais pas plutôt attendre dehors, tellement je suis déboussolé),
- Il va aller informer le procureur de ma décision,
- nous irons ensuite -ensemble- rencontrer le procureur. Il m’explique qu’il me faudra faire profil bas, accepter les éventuelles leçons de morale, faire le “béni-oui-oui”, confirmer que j’accepte la CRPC, lui dire que j’ai bien compris, et ne surtout pas poser de question ni essayer de renégocier quoi que ce soit : si le procureur sent la moindre hésitation ou le moindre doute, il retirera son offre et nous emmènera au procès.
- je retournerai ensuite de nouveau en cellule, en attendant l’audience devant la juge.
- Puis lorsque je serai convoqué devant la juge, si elle accepte la CRPC, pendant l’audience, il faudra que j’indique à la juge -quand elle me le demandera- de lui dire les peines que j’ai acceptées. L’avocat me demande donc de les apprendre par cœur, et s’assure que je les ai bien assimilées.
Je me sens pris au piège, je suis dépité. Je ne vois aucune issue favorable, aucune marge de manœuvre, aucune lumière au bout du brouillard sans lequel j’erre.
L’entretien se termine, je suis raccompagné dans la même cellule (la N°10). Et je patiente. Je ne reprends pas mes “huit”, je suis tellement dérouté et déstabilisé que je m’assois et je serre mes jambes contre moi, position foetale, en essayant de songer à toutes les conséquences à venir. Encore une fois, je suis loin de toutes les imaginer, et pourtant, je suis déjà désespéré et salement embarrassé face aux défis qui nous attendent.
L’attente ne durera pas excessivement longtemps, du moins c’est ce qu’il me semble. Je l’estime à une demi-heure tout au plus, lorsqu’on vient me rechercher. Nous sommes conduit dans le bureau d’à côté de celui où j’avais vu mon avocat, celui-ci a des chaises mobiles, je trouve ça presque étrange (d’autant plus qu’au fond, si j’avais été un violent, j’aurais eu de quoi avoir envie de démolir ce procureur qui s’acharne sur moi !).
L’homme est assis à son bureau, l’avocat est assis en face, de l’autre côté du bureau, et on m’invite à m'asseoir à mon tour. Le procureur est assez jeune, je dirais autour des 35 ans. Je suis un peu surpris par son code vestimentaire, plutôt décontracté, sobre mais ni costume ni chemise. Il est plutôt costaud et semble du genre sportif dynamique. Un voix grave, qui porte, et plutôt virile, le bonhomme est quand même assez intimidant.
Comme prévu, il fait le tour des chefs d’accusation, me fait la morale “qui convient”, me rappelle à quel point mes actes auraient pu être dangereux, et il en vient à sa proposition.
À aucun moment, il n’évoque les points douteux, l’état des véhicules, l’absence des images de la caméra de la voiture des “victimes”, sa présentation de carte de flic avant toute discussion, les comptes-rendus des pompiers et des agents de police qui ont fait les premières constatations et qui ne relèvent aucun dégât sur les véhicules, rien de tout ça. Pas même ce qui m’a amené à agir de la sorte. Juste le dossier à charge, et la seule parole des “victimes”, dans laquelle j’entendrai encore d’autres mensonges de leur part (multiples appels de phares, le lui aurais “collé au cul”, j’aurai fait une tentative de délit de fuite, et j’en oublie…), mais que je m’abstiendrai de relever, pour me conformer aux instructions de mon avocat. J’ai pourtant envie de réagir, de bondir, de hurler mon désaccord, mais -un peu comme sous l’effet d’un cachet sédatif-, je ne bronche pas, je suis un mort-vivant, ou plutôt un condamné mené sur l'échafaud, les mains attachées dans le dos et bâillonné, je ne peux plus rien faire d’autre que subir.
Je suis tellement dans le brouillard que je ne me souviens même pas comment se termine l’entretien, je me retrouve de nouveau en cellule, où je patiente encore. L’agent qui me raccompagne me dit que ça risque de prendre un moment, je ne suis pas prioritaire et il y a du monde, aujourd’hui. ça promet. J’ai le réflexe de lui demander l’heure (il est passé 16h), mais pas de lui demander si je peux être libéré, puisque ma garde à vue est censée avoir pris fin… Je continue de subir, je manque cruellement de discernement, mon cerveau tourne au ralenti.
L’attente va de nouveau me sembler interminable. Je reste prostré, tout en changeant de position régulièrement tellement le béton est inconfortable. C’est rageant de se sentir tellement impuissant, de ne rien maîtriser, et de subir autant d’acharnement sur la base de mensonges d’une personne assermentée, censée représenter la loi, la protection des biens et des personnes. Lui et sa femme sont sans foi ni loi, et surtout sans aucun scrupule. Je suis convaincu qu’en plus, ils se délectent de cette situation : ils viennent de gagner 8 jours de vacances aux frais de la princesse, et ça ne va sans doute pas s’arrêter là ! Ça me met hors de moi, mais encore une fois, à part me taper la tête contre les murs, je ne vois vraiment pas ce que je peux y faire. Alors, je continue à me morfondre, et à attendre…
Quand enfin on vient me chercher, ce n’est pas un, mais deux agents de police qui viennent. On ne me remet pas les menottes, c’en est presque un soulagement. Nous devons nous rendre au deuxième étage, mais l'ascenseur est en panne. Je ne peux que constater le manque de moyens de la justice, au moins concernant le délabrement des locaux, c’est incontestable. Nous prenons donc un escalier de service en colimaçon, particulièrement étroit. L’agent à l’arrière souffre le martyr et crache ses poumons en essayant de suivre le rythme, mais ça me laisse parfaitement indifférent, je sais que je suis en route pour l'échafaud, le reste ne m’importe pas !
Lorsque l’on arrive à proximité de la salle d’audience du juge, mon avocat -cette fois en robe d’avocat- m’attend à l’entrée de ce qui -en réalité- n’est rien d’autre qu’un assez grand bureau. Ce n’est pas une grande salle d’audience comme on a l’habitude d’en voir à la télé, et l’audience n’aura rien de “publique”.
En entrant, je découvre donc un assez grand bureau, assez neutre (aucune décoration ni affiche aux murs), derrière lequel se trouvent deux personnes : Madame la juge sur ma gauche, et le greffier sur la droite, bien caché derrière des grands écrans. En face du bureau, trois chaises, dont celle du fond est occupée par un autre avocat. J’ignore qui il est et ce qu’il fait là.
Après y avoir été invité, je m’assois donc sur la chaise du milieu, et mon avocat se place à ma droite sur la dernière chaise libre.
La juge ouvre la séance un peu de la même façon que l’avait fait le procureur, je me prends donc une deuxième salve d’accusations en pleine face, de reproches, et de morale. Elle ira même jusqu’à me reprocher de faire ça à mon âge, alors qu’elle s’attendait plutôt à devoir sanctionner un jeune pour ce genre de faits.
Elle non plus ne remettra jamais en doute les déclarations de la partie adverse, elle se contentera du dossier transmis par le procureur, sans se demander comment on a pu en arriver là.
Comme avec le procureur, je fais mon mea culpa, je reconnais les faits, je reconnais leur potentielle dangerosité, je fais mon “béni oui oui”. Mais ça ne changera rien, elle n’en tiendra aucun compte.
Arrive le moment où elle me demande de lui répéter la sanction convenu : je maitrise l’amende, jes 8 mois de retrait, mais je begaye sur la prison, j’annonce 6 mois de sursis, sans autre précision. Elle se sent donc obligée de me reprendre :
- 6 mois de prison, avec sursis, pendant cinq ans.
se sent-elle obligée de re-préciser, en insistant fortement sur le mot prison. Et elle me demande si je comprends bien ce que ça signifie. J'acquiesce évidemment, même si ça me semble dérisoire et sans intérêt. (À tort…).
Puis elle donne la parole à mon avocat.
Sa plaidoirie me semblera incroyablement courte. Ce que j’en retiens aujourd’hui, c’est que je n’ai pas d’antécédent, et que je suis aidant d’une femme handicapée. Il ne demande pas la relaxe ni la clémence de la juge, ni quoi que ce soit d’autre. Mais je pense que c’est lié à l’accord passé dans le cadre de la CRPC, plus rien n’est réellement négociable. Si nous avions été au procès, j’imagine qu’il aurait eu une autre plaidoirie, mais dans le cadre de la procédure engagée, plus rien de doit être possible.
La juge écoute, puis donne la parole à l’autre avocat, qui -jusque là- n’avait pas ouvert la bouche. Je découvre alors qu’il est l’avocat des “victimes” ! Et qu’il ne me veut pas du bien !
Dans sa plaidoirie, il va expliquer que les victimes sont atrocement choquées, qu’elles souffrent le martyr de douleurs physiques et psychologiques qui leur ont déjà valu huit jours d’ITT à chacun, mais qu’on n’est pas à l’abri d’une prolongation. A ce titre, il demande mille euros de provisions de dommages et intérêts pour chaque victime. Il demande également que les jours d’ITT me soient facturés par le régime d’assurance sociale. Et enfin, il demande à ce que le choc soit porté à ma seule responsabilité, car comme chacun sait, lors d’une choc comme le nôtre, le responsable est celui qui percute par l’arrière, hors dans le cas présent, vu le contexte, il n’est pas question que le client se voit imputé un malus par son assurance, et donc le choc devra m’être imputé en totale responsabilité.
Encore une fois, je suis pris d’effroi devant tant de haine, devant cet acharnement croissant, et mon cerveau décroche. Je n’entends plus la fin de sa plaidoirie, ni même les propos du juge qui nous libère pour pouvoir délibérer. Je me lève juste par automatisme quand je vois tout le monde se lever, dans un épais brouillard.
Nous sommes dirigés vers une salle d’attente, à deux pas du bureau du juge. je m’installe dans la salle, et j’essaye de retrouver un peu mes esprits. Les avocats et les policiers attendent dans le couloir, et discutent de choses et d’autres comme de vieux potes. Ils parlent de leur dernière bagnole, la météo, de leur hâte de sortir, et de leur hâte d’être payés, “parce que c’est pour ça qu’on est là, hein ?” auront-ils même l’indécence d’en rire. J’en ai gros sur la patate, ils sont décidément tous à mettre dans le même sac.
L’attente ne sera vraiment pas longue. Moins d’un quart d’heure à “vue de nez”. Nous retournons donc dans le bureau de la juge pour entendre le verdict.
Sans préambule, la juge entame la lecture du verdict après délibéré.
- Les conditions de la CRPC sont acceptées ;
- Elle ajoute que, dans l’histoire, je vais également perdre huit points sur mon permis. Ça, ni le procureur ni l'avocat ne m’en avaient parlé. Heureusement que j’étais à douze avant ça !
- Sur la demande de provision de dommage et intérêts, elle déboute l’avocat, lui indiquant que ce serait jugé au civil ultérieurement. Elle fixe d’ailleurs la date de l’audience au 6 octobre prochain. J’éprouve un petit ouf de soulagement, sans le montrer, naturellement ;
- Sur la responsabilité de l’accident, elle accepte qu’il soit intégralement mis à ma seule responsabilité.
L’audience est levée.
Nous prenons congé, et nous sortons du bureau.
Avant que les agents ne me raccompagnent aux cellules dans le but de me restituer mes maigres affaires, je prends quelques minutes avec mon avocat pour évoquer la suite, et en particulier ce procès au civil, dont je ne comprends ni les tenants ni les aboutissants.
Ce que je retiens de cet échange, c’est que les victimes se sont portées parties civiles au pénal, et qu’en plus, elles ont donc porté plainte au civil, pour demander des dommages et intérêts liés à leurs “dommages corporels”.
L’avocat essaye de se montrer rassurant, en m’expliquant qu’en règle générale, cela se règle via les assurances. Selon lui, le procès est une formalité, et ce sont les assurances qui s’arrangent ensuite pour les dédommagements.
Je n’ai pas besoin d’être présent à l’audience, et il se propose bien évidemment de me représenter. Je n’aurais pas le cœur de lui demander combien ça va encore me coûter… Plaie d’argent n’est pas mortelle, mais bon…
Nous convenons de nous retrouver à la sortie du tribunal, car de mon côté -c’est la procédure-, je dois être raccompagné par les policiers, je dois repasser par les cellules pour récupérer mes affaires, et être raccompagné hors du tribunal par les forces de l’ordre.
Nous redescendons le petit escalier en colimaçon, je suis toujours escorté par mes deux agents (toujours un devant et un derrière, bien que je sois désormais libre), et nous retournons aux cellules. Cet endroit me glace le sang, et je n’ai qu’une hâte, celle de sortir !
Ils m’emmènent dans le bureau où est stockée la caisse de bois contenant mes effets. Je les récupère un à un, en vérifiant leur état. Tout est intact, ce sera un gros soulagement, car je m’attendais même à subir du vandalisme, n’ayant pas précisé l’état des objets à leur dépôt initial.
Nous repassons par ce sas qui pue le tabac, et il y traîne toujours des agents en train de fumer, alors qu’il fait beau dehors. A croire qu’ils font tout pour vous dégoûter de revenir dans cet endroit infâme (dans lequel ils semblent pourtant se complaire, alors qu’ils pourraient fumer dehors).
Puis nous sortons, enfin. Je respire à pleins poumons, comme si j’étais resté en apnée depuis 2 jours. J’apprécie comme jamais de voir le ciel, le soleil, des arbres. Un peu moins de voir ces bagnoles de flic mal garées. Et dire qu’il va falloir s’y installer à nouveau, j’en ai la nausée.
Heureusement, ce trajet ne va pas durer : même pas 200 mètres ! A peine sortie des grilles du parking des policiers, j’aperçois Pascaline et mon avocat au loin. J’interpelle les policiers pour leur demander de stopper là et de me laisser sortir, ce qu’ils acceptent, fort heureusement.
aymerica le 2025-06-22 :c'est ahurissant tout ça, hâte de lire la fin...
wb61 le 2025-06-22 :La photo du bouquet final me fout les boules 🙁
ricket74 le 2025-06-22 :
Du flat avec 4 pattes de moins
Cette histoire me scies les pattes
Pit-44 le 2025-06-22 :On tape dans les boites complètement …..
undy le 2025-06-23 :C'est tellement bien écrit que je suis partagé entre le plaisir de lire et l'écoeurement
wb61 le 2025-06-23 :Pendant ce temps là, à Marseille 400 kg de coc ont disparues dans les locaux de la 🚓...
Olivier76 le 2025-06-23 :Je reste sans voix ...
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JOJOLABRICOL le 2025-06-23 :Quel choc!!, sentence démesurée, tout est à charge...c'est ça notre justice en France? Comment choisir les bons mots qui pourraient apporter un peu de réconfort?
Beaucoup de peine.
Bullitt le 2025-06-23 :Hallucinant !
Il doit bien il y avoir un moyen de faire éclater la vérité en saisissant l'IGPN par exemple, non ?
Mm le 2025-06-23 :Tous ces épisodes lus, j'ai une terrible envie de prendre une douche...
Amitiés cher Doudi.
noir mat le 2025-06-23 :Encore une fois, c'est hallucinant cette histoire ! !
Tout est à charge et tout est fait pour t'avilir ! ! Je suis sans voix ! Tout mon soutien mon cher Arnaud et bien sûr également à Pascaline........
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Fantomas911 le 2025-06-24 :Difficile de se défendre dans un tel état de stress. Juste à te lire, j'en ai le cœur qui palpite. Au bord de l'explosion.
Courage à vous deux.
slap shoot le 2025-06-24 :Quelle histoire !
C est un triste melange d'Ubu, de Kafka, de Dant....mais ce n est pas de la fiction..
On ne peut rester indifferent à ce sentiment de balance de la justice n ayant pas cherché à équilibrer les charges et alourdi un seul côté.
Tout notre soutien à toi et à Pascaline dans cette incroyable épreuve.![]()
Satanas le 2025-06-24 :Très touchant ton récit Arnaud. Encore une fois, ton témoignage fait réfléchir. Je ne me comporterai plus jamais comme un con au volant.
Difficile de se mettre à ta place, à froid il est toujours plus facile de donner son avis et même si on ne connaît pas encore les conséquences à venir, je pense néanmoins que tu as fait le moins pire des choix...
Je te souhaite beaucoup de courage et je pense aussi à Pascaline qui a dû vivre ça à distance et sans pouvoir vous aider mutuellement.
Je vous embrasse.
Amicalement, Eric
Sylv1 le 2025-06-24 :Mais comment cela peu etre possible.
Je suis sans voix, ahurissant de voir ça en France.
Ils font moins les malins dans les cités. Je suis écœuré.
Courage à toi et à Pascaline.
CPM3.2 le 2025-06-25 :Bonsoir, en 2001, j'ai subi un fait similaire. Suite à un accident idiot,long à raconter, j'ai été condamné à 2 mois de suspension de permis et une somme non négligeable de contravention. Ceci grace aux très mauvais conseils de l'avocat de mon assurance.
Lors de la remise de mon permis de conduire au commissariat, le policier a la bonne idée de m'informer que je dois passer devant une commission car j'ai une suspension supérieure à 30 jours. Dossier immédiatement complété. Paiement du coût de la commission et prise d'un jour de congé. Lors de la convocation je me sens diffėrent des personnes présentes. Je ressens une présence liėe à l'alcoolisme. Pour faire court je me retrouve en slip devant 3 personnes qui après consultation du dossier à différents niveaux me disent que je n'ai rien à faire là. Pas de problème d'alcoolisme dans le dossier. Chaque fois que je me présente devant un guichet ou lieu pour savoir où et comment récupérer mon permis: avez-vous eu un problème ď'alcoolémie ? Incroyable !!!!!!!!
Lors de la récupération de mon permis la juge d'application des peines a eu des mots très sympathiques à mon égard, le policier en question devrait revoir sa formation et que j'avais perdu de l'argent et mon temps. A méditer sur nos conseils des assurances. Je n'ai pas oublié le mien. Je philosophe .....mais sur le moment c'est très stressant de se sentir délinquant hors norme . Bien à vous et bon courage à Doudi.
111LiR-911 le 2025-06-26 :Quelle galère ! Quelle misère ! ...je neveux même pas me mettre à ta place pour imaginer ce que tu ressens :(
Quelle bassesse ! ...et vu l'acharnement de tes adversaires qui sont assermentés et se sentent intouchable sans parler du pouvoir que peuvent avoir des victimes - c'est malheureusement pas fini avec la plainte au civil. Je ne vois pas pourquoi ils baiseraient la pression maintenant que tout est engagé et que tout (a été fait pour que ça) plaide en leur faveur :(
Vu la tournure, il faudrait pouvoir faire expertiser l'état de santé des 2 enfoirés (mari et femme), car en octobre seuls les papiers au dossier permettront de servir de preuve - en octobre, il ne pourra plus y'avoir aucune trace de trauma (traces qui à priori n'existent pas aujourd'hui non plus), donc comment prouver si rien n'est fait aujourd'hui.
J'ai peur que ton avocat sous-estime encore la situation... Reprend des forces, car l'épreuve a du être épuisante et essais de refaire le topo de tout cela avec les bonnes personnes qui sauront te conseiller. Je pense que les enjeux financiers sont importants des 2 côtés :(
La responsabilité de l'accident à ta charge, ça veut dire que tu endosses aussi les dommages matériels aux véhicules, j'espère qu'ils ne connaissent pas non plus un garagiste véreux :(
Dernière chose, je suis étonné du délai probatoire de 5 ans, j'avais l'impression que c'était en cas de récidive (habituellement c'est plutôt 3 ans) ? !